Le 11 septembre 2012, la nouvelle est tombée sans surprise. Avec 175 millions d’euros de déficit, France télévision doit faire des économies, et ce sera le personnel non permanent qui en fera les frais. Dès le lendemain de cette annonce, nos contrats ont été réduits voir annulés.
Qui sommes Nous ?
Nous sommes cette variable d’ajustement indispensable pour le bon fonctionnement du service public.
Nous, c’est environ un millier de techniciens et de journalistes. On nous appelle dans le jargon maison de France Télé, les CDD.
Nous remplaçons les titulaires lors de leur congés ou maladie. Nous nous déplaçons d’une région à l’autre, pour quelques semaines ou quelques jours de contrat, voir même parfois, juste pour une journée de remplacement. Impossible dans ce contexte, d’avoir une vie familiale ou une vie sociale normale. Combien d’anniversaire avons-nous raté ? Combien d’amis perdus ? Nous vivons dans une inquiétude permanente, aurons-nous du travail la semaine prochaine ? La précarité est notre compagne. Le RMI, certains l’ont déjà connu.
CDD est le parcours obligatoire de toute personne qui veut travailler à France Télévision. Mais cette situation transitoire dure pour certains depuis plus de 10 ans. Sans solution de titularisation. Etre CDD, est rarement un statut choisi.
Aujourd’hui, nous sommes en danger.
La Direction ayant décidé de fermer les locales, de mettre en place des journaux communs et des équipes réduites durant les vacances scolaires., les RTT, ne seront plus remplacées… Nous n’avons plus qu’à espérer une épidémie de gastro entérite ou de grippe pour pouvoir travailler dans les prochains mois.
Nous ne pouvons pas rester silencieux, devant ce qui est une mise à mort de notre fonction.
Bien sur, nous sommes conscients des difficultés financières de France Télévision. Mais est ce vraiment nous qui coûtons le plus chers ?
Alors que même notre ministre de la culture, s’accorde à dire que la suppression de la publicité, décidée par Nicolas Sarkozy, s’est faite sans réflexion, cette même ministre refuse aujourd’hui, de revenir en arrière.
Alors que le gouvernement se mobilise pour les salariés de PSA, d’Arcelor Mittal et de Doux, personne ne s’intéresse à notre cas.
Nous mourons en silence, dans l’indifférence générale. C’est inacceptable.
Pourtant des solutions existent.
Dans un contexte économique difficile, il ne semble pas incongru que le gouvernement autorise le retour de la publicité, durant une période définie, le temps de réfléchir à un vrai plan de financement de France Télévision.
Sauvez nos emplois par une mesure très symbolique
C’est un appel que nous lançons au plus haut sommet de l’Etat.
Mr Le Président de la République, François Hollande,
Mr le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault
Mme la Ministre de la Culture, Aurélie Filippétti
Mr le Président de France Télévision, Rémy Pfimlin.