Madame, Monsieur,
en tant qu'étudiant en médecine nous aspirons à un enseignement de qualité et indépendant.
C'est pourquoi nous attendons de nos professeurs qu'ils se montrent responsables en ne citant aucune spécialité pharmaceutique (au profit de la nomenclature DCI) ou, dans le cas contraire, qu'ils déclarent leurs liens d'intérêt avec toute industrie pharmaceutique.
En effet nous jugeons qu'il n'est pas dans l'intérêt des malades ni de la société d'entretenir un marché du médicament centré sur la satisfaction des intérêts économiques des producteurs.
La médiatisation du scandale du Benfluorex phényléthylamine Médiator® a montré la limite de l'indépendance des médecins et l'ampleur des conflits d'intérêt. Et le Benfluorex phényléthylamine n'est pas un cas isolé.
L'importance de l'esprit critique et de l'indépendance doit être soulignée dès les premières années d'étude.
De fait, une étude de Prescrire (Septembre 2011, N°335) montre à quel point les internes sont confrontés aux visiteurs médicaux et sont démunis face à leur techniques de marketing. Les cadeaux de faible valeur, les logos et le matraquage des noms de marque sont aussi redoutables que les congrès et vacances financés par les industries. Et ces prescriptions sous influence ne sont pas sans conséquence sur les dépenses de santé.
Citons par exemple le Clopidogrel Plavix® qui a un service médical rendu équivalent à celui de l'aspirine comme anti-agrégant plaquettaire mais coûte plus de dix fois plus cher et continue à être beaucoup prescrit.
Par ailleurs, n'oublions pas que les prescriptions en DCI permettent d'éviter les dépenses inutiles en favorisant l'utilisation des génériques pour une même efficacité.
Nous sommes face à un paradoxe entre les professeurs qui nous serinent d'une part l'urgence de la réduction des dépenses et qui d'autre part nous enseignent des noms de spécialité (au lieu des DCI).
Enfin, le décret n° 2007-454 du 25 mars 2007 stipule l'obligation pour un médecin s'exprimant publiquement sur des produits de santé de déclarer ses liens d'intérêts avec les industries pharmaceutiques.
Nous ne faisons donc que réclamer le respect de la loi.