Nous réclamons :
le maintien des 4 collègues contractuels dans leur emploi ;
des conditions et des moyens de fonctionnement permettant d’assurer efficacement la mise en œuvre des actions de la MGI ;
un projet d’action clair et affirmé sur la volonté d’engagement de l’institution pour l’insertion des jeunes.
Nous sommes personnels de la MGI tous investis dans l’action des Pôles Insertion de l’E.N. et dans leurs évolutions demandées depuis 3 ans par :
• une implantation des actions de mobilisation Pôles insertion dans les LP,
• un élargissement des actions de prévention auprès des établissements scolaires,
• une intégration de l’action du coordonnateur MGI dans la Prévention et le Traitement des Sortis Sans Qualification (dispositif commun en lien avec le niveau Régional et les acteurs de la formation),
• une participation dans l’apport de ressources complémentaires par les recherches de co-financement FSE en vue d’appuyer le fonctionnement d’un GIP et de ses contraintes structurelles.
Mais, une fois de plus, le schéma retenu pour leur prochaine application est dans le flou. On nous demande brutalement de travailler différemment, avec une réduction de personnel de plus de 20% - personnel qui se s’est fortement investi, avec succès sur les sites d’Argentan, l’Aigle, Granville, Vire - mesure injuste accompagnée de moyens de fonctionnement réduits en raison de la non compensation des volets FSE qui ne seront plus financés.
Encore une fois, la situation personnelle et professionnelle des personnels, ainsi que la pertinence des conditions de prise en charge et de formation des jeunes semblent compter pour peu.
Encore une fois le personnel paye le prix de choix de gestions hasardeux, où de déguisement d'un désengagement financier du rectorat sur la MGI.
Encore une fois le discours de politique budgétaire vient justifier ce qui n'est qu'une recherche d'économie d’échelle dans sa course à la RGPP.
Comment travailler dans ce contexte d’étranglement du service public, à quoi cela sert-il de poursuivre dans de nouvelles configurations si elles peuvent disparaître à tout moment ? A quoi cela sert-t-il de concevoir des projets, de dégager des bilans, de démontrer la pertinence des actions, puisque tout peut être remis en cause, puisque dorénavant il faudra travailler plus avec moins.
La précarité constante sur la MGI laisse le sentiment de ne travailler que pour justifier les coupes sombres sur les moyens accordés, et non pas de travailler à une meilleure réalisation des actions d’accueil, d’accompagnement et de formation pour ses jeunes.
A la demande des services du Rectorat, nous nous sommes engagés et avons cru dans une démarche globale de la MGI sur l'académie depuis 2007. Or, que peut signifier aujourd’hui cette demande d’investissement des personnels, car c’est bien encore un effort d’en faire plus qui est réclamé au coordonnateurs et souvent au-delà de son service à faire, si l'académie ne respecte pas elle même ses propres engagements ?
Il ne peut ressortir de cela qu'un sentiment d'absurde voire de mépris du travail réalisé.
Les coordonnateurs sont à nouveau mis devant des contradictions par rapport aux dynamiques engagées.
Bien sûr que des évolutions peuvent être nécessaires, mais ce n'est ni aux jeunes ni aux coordonnateurs d’essuyer les plâtres d’une construction de réponse faite à la petite semaine par l’institution. Les évolutions doivent être réfléchies, cohérentes et réalisées en réelle concertation avec les gens de terrain. Ce qui ne semble plus être le cas dans l’état actuel des choses.
Ce sont bien les coordonnateurs MGI qui contribuent directement sur le terrain à l’atteinte des objectifs de la lutte contre le décrochage scolaire en lien étroit avec les acteurs de l’insertion, qui accueillent en face à face les publics dit « en difficulté », qui assurent quasiment seuls le fonctionnement des actions de mobilisation sur les Pôles d’insertion, qui accompagnent l’élargissement de l’action d’insertion des primo-sortants avec les partenaires de la formation initiale.
Encore une fois, si des évolutions sont inévitables, elles devraient être anticipées, de façon à ce que ce ne soit pas les coordonnateurs et par conséquence directe les jeunes qui payent par la perte d’emplois ou par des conditions d'exercice de plus en plus laborieuses. Ces personnes n’ont pas à supporter non plus le prix d’économie d’échelle inefficace, fait de désengagement budgétaire, de modes de gestion qui ne savent traiter que des flux ignorants par là les situations réelles, et enfin de choix d’organisation alambiqués.
De plus, cette forme de désengagement entame sérieusement l’accord passé avec la Région dans le cadre du dispositif PTSSQ, sur l’opportunité d’un maillage efficace du territoire et le travail en commun avec les missions locales de Basse Normandie pour lutter contre des situations économiques et sociales dégradées des jeunes.
Toutes ces implications demandent un investissement fort, de produire de l’énergie pour nos jeunes. Cela exige également une lisibilité claire des engagements avec les acteurs - ou tout du moins un respect de la parole donnée au personnel contractuel. Enfin de manifester un réel soutien des responsables du rectorat dans la conduite de notre action par la redéfinition d’un nouveau projet académique pluriannuel dans le champ de l’insertion. C’est environ 500 élèves par an depuis un peu moins de 25 ans qui sont accompagnés vers l’accès à des formations qualifiantes.
Ce n’est pas rien de contribuer à la continuité d’un service public de qualité. La précarité et les effets d’annonce ne sont ni un exercice professionnel acceptable, ni le service attendu de la MGI.
C’est pourquoi, dans ce contexte de travail de fin d’année, mais aussi devant la brutalité des annonces, devant la décision, sans nul doute, de ne pas reconduire des emplois, nous réclamons un changement de politique qui vise tout simplement à réduire les moyens de fonctionnement de la MGI et à déserter à terme le champ de l’insertion des jeunes dans l’Education Nationale. Changement d’attitude qui s’accompagne aussi d’une sensibilité de dialogue à retrouver de la part des responsables, contre cette forme manifeste de dédain à l’égard de nos collègues lors d’entretiens et qui nous est apparue comme significative d’un certain état d’esprit de l’institution.
Il s'agit pour nous de maintenir une dignité, un respect des personnes qui se sont engagées à travailler dans des conditions souvent difficiles et précaires.
Ni les logiques budgétaires, ni le recours à l’indifférence, ni la marque d’un quelconque cynisme, n'ont leur place devant l’aide à apporter aux jeunes sans solution.
Le collectif MGI de Basse-Normandie.