A l'att. du Département Fédéral de l'Intérieur
En Europe, et particulièrement en Suisse, les médecins n'ont pas toujours accès aux études négatives sur les médicaments, et ne reçoivent que des informations filtrées par l'industrie pharmaceutique. Ceci est particulièrement vrai pour les psychotropes (antidépresseurs, etc.) pour lesquels les médecins ont accès principalement aux études favorables, surestimant les effets bénéfiques de ces substances.
Aux USA, il existe une loi, le Freedom Information Act, qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande. C'est ainsi que la FDA* a l'obligation de mettre à disposition toutes les études cliniques sur les médicaments fournies par les entreprises qui désirent faire homologuer leur médicament. Grâce à cette loi, il a été découvert que 2/3 des études négatives n'étaient pas connues des médecins, et que si l'on tenait compte de toutes les études, les antidépresseurs peinaient à démontrer une plus grande efficacité que les placebos.
Comment parler de médecine de qualité, lorsque les médecins n'ont pas accès aux informations importantes, et que tout est filtré par l'industrie pharmaceutique? Ceci au détriment de la santé du patient, qui de plus paie des assurances très chères.
C'est la raison pour laquelle nous demandons que Swissmedic** et l'OFSP (l'Office fédéral de la Santé Publique) édictent une directive qui oblige les entreprises pharmaceutiques à mettre sur un site internet accessible à tous (médecins et consommateurs) toutes les études cliniques dont elles disposent sur un psychotrope (avec des protocoles complets ainsi que les résultats). La pénalité pour ne pas respecter cette directive devrait être dissuasive, et l'identité du contrevenant rendue publique.
*Food and Drug Administration: agence de surveillance des médicaments aux USA - www.fda.gov.
** Swissmedic: agence de surveillance des médicaments en Suisse: www.swissmedic.ch