AU NOM DU COMITE DE LUTTE CONTRE L’EMBARGO
SUR LES MEDICAMENTS EN COTE D’IVOIRE,
Vu la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ;
Considérant que, sans cesse repoussées depuis 2005, les élections ont enfin eu lieu en Côte d'Ivoire en novembre 2010 ; qu’à l'issue du second tour organisé le 28 novembre, la Commission électorale indépendante (CEI) a proclamé vainqueur Alassane Ouattara (54,10 % des voix) face au président sortant Laurent Gbagbo (45,90 %) ; que par la suite, le Conseil constitutionnel a infirmé ces résultats et a annoncé la victoire de Laurent Gbagbo avec 51 % des voix ; la Côte d'Ivoire se retrouve au bord de la division avec deux présidents. La communauté internationale reconnaît la victoire d'Alassane Ouattara et demande à Laurent Gbagbo de se retirer. Des violences entre partisans des deux candidats ont fait de nombreuses victimes ;
Considérant qu’après le refus de M. Laurent Gbagbo, reconnu comme étant élu par le Conseil Constitutionnel, de céder aux pressions de la Communauté internationale, celle-ci, en l’occurrence, l’Union Européenne a pris des sanctions qui ont pour but d’asphyxier économiquement la côte d’ivoire ;
Citant parmi ces sanctions :
-L’interdiction des navires marchands enregistrés dans l'UE de faire du commerce avec le port autonome d'Abidjan et celui de San-Pedro.
Rappelant que la notification de la mise en œuvre de l’embargo maritime de l’UE sur les ports autonomes de Côte d’Ivoire se traduit par l’impossibilité d’embarquer dans l’UE non seulement des produits courants mais aussi des produits pharmaceutiques à destination de notre pays ;
Considérant que les attaques systématiques et généralisées actuellement commises en Côte d’ivoire de part et d’autre contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l’humanité,
Se déclarant préoccupé également par les informations faisant état de pénuries de fournitures médicales pour soigner les blessés ;
Se déclarant préoccupé par le sort tragique de million d’ivoiriens suivant un traitement médical (VIH, Diabète…)
Constatant que la fermeture des banques et l’embargo imposé par l’UE sur les médicaments ont causé la mort de plusieurs personnes dont les dialysés notamment ;
Et soulignant que cette sanction viole la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, notamment le droit de se soigner, tant prôné par la communauté internationale elle-même.
Nous demandons à la communauté internationale :
De lever l’embargo sur l’approvisionnement en médicaments, surtout pour ceux des malades dont les pathologies ne sauraient tolérer un arrêt de traitement.
Fait à Brest (France) le 22 mars 11
Francis LAGO
Administrateur du CLEMCI
Etudiant en science politique