CONTRIBUTION FEDERALE
Par Robert MICHENON
Chers et chères camarades,
Qu’elle a été belle, la victoire de la gauche, du 6 mai au 17 juin 2012 ! Une majorité historique sans précédent existe et travaille à tous les niveaux, Présidence, Gouvernement, Parlement, Sénat, régions, départements, villes, pour redresser et transformer notre société comme elle en a tant besoin, en profondeur, et de façon durable. C’est une immense opportunité que de disposer de tous les moyens du pouvoir politique.
C’est une immense responsabilité que nous ont confiée nos concitoyens et, qu’en tant que socialistes, nous devons assumer.
Comme l’a magnifiquement dit François Hollande, le 6 mai à la Bastille : « Ce sont des années, des années de blessures, de brûlures qu’il faut réparer ».
Le 6 mai, nous avons chanté la victoire attendue depuis tant d’années, chanté une victoire espérée par nombre de nos concitoyens. Après cinq années de reculs sociaux et de remise en cause des valeurs de solidarité qui fondent la République, la France respire. L’élection de François Hollande à la Présidence de la République s’apparente à un immense bol d’air collectif.
C’est d’ailleurs bien plus que le seul soulagement d’avoir délogé Nicolas Sarkozy de l’Elysée qui s’exprime. Chacune, chacun espère que François Hollande prendra des mesures pour changer leur situation. Toutes et tous se réjouissent de voir qu’un bulletin de vote a le pouvoir de décider.
Effacer 5 ans de Sarkozysme prendra du temps
Cette campagne, notamment celle de l’entre-deux tours, laissera des traces. La plus visible est celle de l’ampleur prise par le vote Front National dans notre pays. Son explication est multiple : critique des élites, peur de la mondialisation libérale, crainte de perdre son emploi... Mais dans un certain nombre de régions, ce vote reflète aussi une montée inquiétante du repli sur soi, de la peur de l’autre : une montée de la xénophobie et du racisme. Nicolas Sarkozy porte la responsabilité de cet état des lieux de notre pays. Pendant 5 ans, il a affaibli les protections sociales tout en montant parfois les Français les uns contre les autres, parfois les Français contre les étrangers en favorisant tous les communautarismes.
La campagne présidentielle aura agi sur les consciences. En dégradant le vivre ensemble, en stigmatisant des parties de la population, en expliquant à demi-mot que la République ne pouvait accueillir tout le monde. Nicolas Sarkozy a fait monter les peurs et augmenté l’intolérance faisant par là même céder des gardes fous entre la droite républicaine et celle qui ne l’est pas.
Pour le Gard, Il nous faut tout d'abord nous réjouir de ces victoires électorales que nous venons de vivre : présidentielle, législatives ; et en premier lieu, saluer tous ces femmes et ces hommes de terrain, qui ont permis ces succès. Tout d’abord, la fédération du Gard qui a su remettre la situation financière en ordre de marche pour faire face à ces trois rendez-vous : les primaires citoyennes, l’élection présidentielle et les élections législatives. La fédération et le comité de campagne conduit par Damien Alary qui ont su faire venir dans le Gard un nombre important de personnalités : nous n’oublierons par le meeting de François HOLLANDE sur le parvis des Arènes, l’inauguration du local de campagne par Martine AUBRY, et les visites de Jean-Marc AYRAUD et Jean-Pierre BEL pour ne citer qu’eux, mais jamais le Gard n’avait eu la visite d’autant de personnalités pour nous aider.
Les résultats ont été à la hauteur des investissements de chacun : 5 députés sur 6 élus, dont quatre socialistes et un EELV. Malheureusement, nous avons assisté dans le sud du Gard au vu et au su de tous à cette porosité des votes entre UMP et FN qui a fait battre sur le fil notre candidate socialiste. Retenons cette leçon qui vaut exemple national : dans une triangulaire, nous avons vu l'élection d'un candidat FN avec le soutien du candidat UMP sortant.
Oui nous partageons le sentiment de honte de voir le vote FN s'installer, se diffuser dans différents terroirs de notre département et en ternir l'image.
Mais passé cette douleur, il nous faut aussi analyser ces résultats et constater que deux forces progressent sur notre département, deux cancers pour une démocratie digne de ce nom : l'abstention, et le vote FN.
Second séisme: la diffusion du vote FN dans des communes du Gard où ce vote de rejet de l'autre, de l'exclusion n'était pas à ce jour perceptible. Ce vote circonscrit au Sud du Gard fait aujourd'hui tâche d'huile et se diffuse. Face à cela nous soutenons l'initiative qui consiste à faire une veille juridique, législative associative, un argumentaire destiné à nos militants sur les propos d’exclusion et l'absence de propositions du FN.
OUI dans le Gard la digue démocratique est bien ébréchée par la droite extrême et par l'extrême droite.
Sur ces deux causes qui fragilisent notre démocratie à tous ses échelons (communes, intercommunalités, département, région...) nous devons apporter des réponses simples, concrètes et pragmatiques de façon à rendre plus clair pour le citoyen notre discours mais aussi la gestion de ses problèmes quotidiens au niveau de son échelle de vie que sont aujourd'hui la commune et l'intercommunalité.
Les élections législatives mettent fin à un cycle infernal où la droite dirigeait tout, disposait de tout et dictait aux médias. Nous sommes maintenant devant une feuille blanche et cela nous impose un devoir de réussite envers les concitoyens qui nous ont fait confiance dans les primaires et dans les différents scrutins successifs. Restons nous-mêmes, avec nos valeurs, affirmons les avec d'autant plus de convictions que cette droite que nous combattons de façon classique a montré qu'elle est capable entre deux tours de s'allier avec la droite extrême et même l'extrême droite.
La tâche est immense. Mais l’espoir soulevé aussi. La force des votes doit nous permettre d’y répondre.
La réussite du changement passe d'abord par le « social ». Tous nos élus sont à l’œuvre pour y répondre.
Unir toute la gauche : 1936, 1981, 1988, 1997 et 2012 : rien de beau, rien de grand ne s’est jamais fait dans notre pays sans l’unité de la gauche. Ces belles victoires de 2012 n’auraient pu voir le jour sans le rassemblement de toute la gauche et le désistement de tous les partis de gauche en faveur de notre candidat. Aucune voix n’a manqué à l’appel le 6 mai et le 17 juin. Cette victoire est commune, elle doit être partagée.
Pour dépasser les vieilles divisions, il faut construire patiemment l’unité de toute la gauche. Elle se bâtira à partir d’actions communes et des rapprochements qui en résultent. Il faut mettre en avant ce qui rassemble et non pas ce qui divise.
Nous devons dès à présent nous tourner vers les échéances prochaines : Vous l'aurez compris nous avons un impérieux devoir d'union de la gauche pour les prochaines élections, de toutes les composantes de la gauche, si nous voulons relayer les attentes de nos concitoyens au niveau local. Oui Nîmes et Alès peuvent et doivent redevenir des villes de gauche, une gauche plurielle, tolérante, ouverte à toutes ses composantes, ouverte à la société civile ouverte aux idées de progrès et de tolérance, ouverte à l'écoute et à la résolution des préoccupations immédiates, quotidiennes de nos concitoyens.
Cette reconquête ne sera envisageable que dans l’union ; les scrutins passés nous ont clairement montré la voie : lorsque nous sommes unis, nous gagnons, et sans cette unité, invariablement nous perdons. C’est donc à nous, socialistes, d’initier l’union tout d’abord au sein de notre Parti et de notre fédération. Il faudra que chacun fasse taire son ego afin de pouvoir désigner le meilleur candidat susceptible de nous amener à la victoire. Cette règle devra s’appliquer pour nos villes à reconquérir, comme Nîmes, Alès, Vauvert ou Villeneuve-Lez-Avignon, mais aussi pour ces bastions que nous devons conserver comme Bagnols ou St Gilles, etc…
Ce souffle d'espoir et de renouveau nous devons le préparer, l'accompagner et être en tant que socialiste un acteur majeur, en tant que socialiste, en tant qu'homme et femme convaincues de l'intérêt général. Pour cela, nous devons être exemplaires : Le non cumul de mandat doit être la règle pour tous, applicable immédiatement, comme se sont engagés à le faire nos candidats lors de l’investiture. Il faut mettre ses engagements en pratique tout de suite. Il en va de la crédibilité de notre parti.
Pour les élections municipales, il nous faut appliquer un même mode de représentation et d'élection: le maire est l'élu des citoyens au suffrage de liste direct, il en va de même pour la communauté d'agglomération Nîmes Métropole ou Grand Alès et de ses représentants locaux. Il n'y a plu de cooptation possible.
Nous devrons imposer la parité du premier au dernier candidat des listes électorales.
Comme pour les autres élections, notre seul but est de conquérir pour nos concitoyens les municipalités et communautés qui formeront le paysage politique du futur, en harmonie avec nos départements, nos régions. Pour cela, nous devons sincèrement nous interroger et désigner démocratiquement le candidat qui sera le plus à même de répondre aux aspirations des électeurs. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que viendra le temps des cantonales et des régionales.
Je lance donc à tous les militants un appel à l’unité. Si nous n’allons pas dans ce sens, les municipales de 2014, qui auront le caractère d’élections de mi-mandat, pourraient se révéler aussi périlleuses que notre victoire de 2012 a été enthousiasmante.