Aujourd’hui, le 29 mars 2012, dans un geste sans précédent, la direction de l’UQAC a décidé d’avoir recours à la répression policière pour forcer le retour en classe des étudiants grévistes. Que l’on soit ou non d’accord avec la position des étudiants au sujet de la hausse des droits de scolarité, on ne peut que condamner cette intervention indue du recteur. Forcer les étudiants à renoncer à leurs moyens de pression, pourtant pacifiques, constitue une entorse aux droits démocratiques chèrement acquis, tels la liberté d’expression et le droit de manifester.
En plus de chercher à intimider les étudiants, le recteur Belley a également envoyé aux professeurs et chargés de cours un courriel lourd de menaces. En intimant aux enseignants de passer outre aux décisions votées par les étudiants, il les place dans une situation de confrontation avec ces derniers.
Nous estimons que le recours à la force est non seulement déplorable d’un point de vue éthique, mais également improductif eu égard à la nature même des études universitaires et des objectifs académiques. On peut bien forcer des étudiants à être physiquement présents dans les salles de classe, mais auront-ils l’esprit disposé à l’apprentissage? Et comment peut-on imaginer que les professeurs donneront le meilleur d’eux-mêmes dans un tel contexte? Le recteur Belley devrait se rappeler qu’il dirige une université – et des universitaires – et non un sweatshop au cœur de la Chine!
Nous sommes en droit de nous attendre, au Québec, à de meilleurs moyens pour résoudre les conflits.