Lettre ouverte à la direction de France- Culture :
France-Culture possède aujourd’hui un rayonnement important ; c’est en trouvant le ton juste lorsqu’il s’agit des affaires du monde qu’elle peut maintenir son statut de radio d’exception.
Nous sommes donc stupéfaits que France-Culture fasse de nouveau une très large place aux conférences que donne M. Onfray à l’université populaire de Caen en les diffusant cet été.
Depuis des années en effet, universitaires et chercheurs, venus des horizons les plus divers, ont démontré que les publications de M. Onfray ne reposaient le plus souvent que sur l’approximation grossière, l’affabulation, l’erreur ou la rumeur, notamment lorsqu'il s'agit des trois grands monothéismes, de Marx, de Montaigne, de Charlotte Corday, de Marat, d’Eichmann et de Kant, de Freud enfin.
Les outrances et les aberrations que contiennent ses ouvrages, dont le dernier en particulier (Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne), ont suscité une protestation qui ne cesse de s’étendre ; cette entreprise de dénigrement risque fort à l’heure qu’il est, d’avoir des effets nocifs sur des personnes peu averties et qui, de par leur souffrance psychique envisageraient de s’adresser à des praticiens de la psychanalyse et de la psychothérapie qui s’en inspire. Nous sommes là face à une tentative de destruction d'une profession, et de tout un ensemble de professionnels (psychiatres, psychologues et autres de formation psychanalytique). De plus, le débat qui s’est installé autour de ce "Crépuscule…" dépasse largement la question de Freud et de la psychanalyse : il s’agit une fois encore d’une imposture érigée en savoir.
Cela fait maintenant sept ans que sont ainsi diffusées les conférences de Michel Onfray. On se demande au nom de quoi celui-ci bénéficie d’un tel privilège. Rien ne justifie une telle pérennité. Onfray ne peut même pas être considéré comme une des voix de la philosophie. Nous ne pouvons accepter que France Culture, radio publique, continue ainsi à légitimer une telle entreprise de désinformation.
Michel Onfray est le seul intellectuel français à bénéficier ainsi d’une situation qui fait de lui l’égal d’institutions aussi prestigieuses que le Collège de France, ou l’Ecole des Hautes Etudes. Or très nombreux sont les philosophes, historiens, chercheurs en sciences humaines dont les travaux font autorité en France et à l’étranger et qui pourraient trouver sur France-Culture une égale diffusion, dans le respect de la pluralité des voix.
Pour toutes ces raisons, nous demandons que dans les conditions réglementaires en vigueur, il soit mis fin à un contrat qui lie ainsi la radio publique à Michel Onfray. L’antenne sera ainsi de nouveau disponible à une véritable diversité des véritables voix philosophiques.