Lettre ouverte d'un spectateur face aux dérives mercantiles du Cinéville de Laval

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En 2012, le Cinéville a fêté ses 10 ans à Laval. Dix ans c'est un âge respectable, et c'est largement suffisant pour mesurer les besoins et les attentes d'une ville en matière de cinéma. Mais la fuite en avant du Cinéville, tête dans le guidon, vers une course au chiffre et une offre de cinéma toujours plus limitée, démagogique et incohérente, laisse planer de sérieux doutes sur les compétences en œuvre dans la gestion de l'unique cinéma de la ville. Oui l'unique, ce qui en soi ne poserait pas un problème si le Cinéville ne jouait de cette situation de monopole comme d'une parfaite aubaine pour ramener sans cesse quelques euros supplémentaires. Les chiffres sont là (à la date du 10 janvier) : de tous les « Cinéville » du grand Ouest, celui de Laval est le plus cher. 8 € en plein tarif au Cinéville de Rennes, 8,50 € à ceux de Vannes ou Saint-Nazaire, 8,60 € à Lorient, 8,80 € à Saint-Sébastien sur Loire, 9 € à Quimper et... 9,30 € à Laval !! 1,30 € de plus qu'à Rennes, excusez du peu ! La différence ? Dans toutes les autres villes citées, les Cinéville font face à une saine concurrence avec la présence d'autres salles ou complexes. Cette absence de concurrence à Laval aurait-elle un lien quelconque avec des tarifs qui semblent s'envoler chaque mois de 10 centimes en 10 centimes ? Parlons également du tarif étudiant et – 18 ans à 7 €, qui bizarrement n'es pas valable le week-end. Imaginons qu'un lycéen de 16 ans, au portefeuille nécessairement limité, aille voir un film en 3D un samedi soir, il paiera donc, avec la majoration, la coquette somme de 11, 30 € ! Est-ce bien sérieux ? Alors bien sûr ne soyons pas naïfs : certes, le cinéma est aujourd'hui tout autant un art qu'une industrie, certes un complexe de salles est une entreprise, qui envisagée comme telle, doit générer du profit. Mais si au moins le Cinéville de Laval justifiait ces couts d'entrée prohibitifs par des prestations et une programmation à la hauteur de ces prétentions tarifaires, cette pétition n'aurait même pas vu le jour. Car parlons-en des prestations :

--> un choix de films souvent restreint à des comédies françaises, des films d'animation et des blockbusters américains. La question n'étant pas ici d'exiger du Cinéville qu'il se mette à programmer uniquement du cinéma art & essai hyper pointu. Mais déjà de considérer davantage tout un pan du « cinéma du milieu », des productions de qualité à moyen budget, ou bien des films de grands cinéastes reconnus qui chaque mois passent à la trappe. Dernier exemple en date : The Master du cinéaste américain Paul Thomas Anderson, attendu comme l'un des événements cinéma de ce début 2013. Le film jouit d'un d'un casting alléchant et d'un réalisateur prestigieux, bénéficie d'excellentes critiques, s'annonce même comme l'un des grands favoris aux prochains Oscars. Mais pas un seul écran au Cinéville pour ce film lors de la semaine de sa sortie nationale ! A titre de comparaison, un spectateur à Vannes, Lorient, ou Saint-Brieuc, communes de taille à peu près équivalente à Laval, avait tout loisir de voir ce film dans sa ville, dès sa sortie, et en VO s'il vous plaît !

--> une programmation « hors cinéma » de plus en plus imposante et surréaliste. Voici en vrac tout ce que l'on peut voir au Cinéville au premier trimestre 2013 : des retransmissions « live » de concerts (Shy'm, Sexion d'Assaut, M Pokora...), une soirée « Nuit de la Glisse », des opéras, un spectacle du Crazy Horse en 3D, un ballet de danse du Bolchoï... Si l'idée de proposer d'autres formes de spectacle que cinématographique paraît intéressante sur le papier, cette stratégie de diversification commerciale semble ici bien opportuniste et permet de remplir des salles à peu de frais au prétexte de l'événement pour attirer un nouveau public. A ce rythme pourra-t-on d'ici peu parler encore d'une salle de cinéma ? Ira-t-on bientôt au Cinéville pour voir des matchs de foot en direct ou un combat de catch ? En attendant ce sont des écrans qui sont réquisitionnés pour ces soirées « événement » et l'offre de films qui s'en trouve encore plus limitée.

--> très peu (c'est un euphémisme) de séances proposées en Version Originale en dehors des séances Art & Essai. Il n'est qu'à voir tous ces cinémas en France, dont un nombre croissant de multiplexes, qui choisissent de proposer pour un même film à la fois des séances en VF et en VO,  y compris, et c'est appréciable, pour des grosses productions américaines comme à titre d'exemple The Avengers ou Dark Knight Rises. Le Cinéville, qui accuse un certain retard en la matière, ferait bien de s'en inspirer, de sorte qu'on puisse à notre tour profiter du dernier James Bond ou Tim Burton dans sa langue originelle. Le Cinéville sous-entend à ce titre (dans un récent commentaire sur leur page Facebook) que les rares fois où ils en proposent, les entrées ne suivent pas. C'est prendre le problème à l'envers : il est certain qu'en en proposant une fois tous les six mois, le bénéfice en termes d'entrées risque de ne pas sauter aux yeux ! Voilà un argument qui révèle bien les considérations pécuniaires de ce cinéma, sans se soucier de la diversité de l'offre et de la question du choix pour le public. Celui-ci semble uniquement envisagé comme une perspective de profit financier, et jamais comme un ensemble de personnes potentiellement demandeuses et curieuses d'émotions, de découvertes, de surprises. Car si l'on va au cinéma, c'est aussi pour ça.

--> la propreté des salles, régulièrement souillées par des résidus de pop-corn, laisse franchement à désirer. Tout comme les lunettes proposées pour les séances 3D, souvent sales, inconfortables et qui parfois ne marchent tout simplement pas. Pour 2 € supplémentaires, la moindre des choses serait bien de veiller à leur bon fonctionnement.

 

Alors bien sûr nous n'affirmons pas ici que la gestion d'un cinéma soit chose facile et bien des aspects budgétaires, logistiques ou organisationnels nous échappent et sont sans doute à prendre en considération. Nous pensons notamment à la question de la distribution des films, de leur répartition dans les salles, et de la marge de manœuvre dont dispose chaque cinéma pour programmer comme il l'entend. Mais concrètement, et cela ne date pas d'hier, il y a bien trop d'abus tarifaires, d'opportunisme et de frilosité artistique pour que la politique globale du Cinéville ne soit pas remise en question ou au moins débattue. D'autant plus que, comme on l'a vu, la comparaison avec les cinémas de la région n'est guère flatteuse en termes d'offres et de tarifs. Le public mayennais est-il donc plus bête ou plus riche qu'un autre ? Il n'est tout simplement pas normal que dans un bassin de population de 100 000 habitants (et donc 100 000 spectateurs potentiels), l'offre de cinéma soit à ce point déficiente. C'est proprement négliger et mépriser toute une partie du public qui ne s'y retrouve plus. La question n'est pas ici de faire polémique pour faire polémique, mais bien de vous faire entendre cher Cinéville, que nous aurions tous à y gagner avec quelques ajustements : nous, spectateurs, avec une offre de cinéma plus riche aux tarifs abordables, qui signerait pour certains la voie d'un retour vers les salles, et vous Cinéville, avec un public plus nombreux, plus varié et autrement plus satisfait au regard de ses attentes. Voici le simple manifeste d'un spectateur lambda et légèrement agacé. Et croyez-le, il est loin d'être le seul.

 

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