Narguesse Mohamadi, militante iranienne des Droits de l'Homme, est, depuis le 22 Avril, à nouveau en prison. Son premier séjour en prison a été interrompu en raison d'une grave maladie qui l'a paralysée pendant de longs mois. Entre temps son procès a eu lieu et le tribunal d'appel l'a condamnée à 6 ans de prison pour avoir "conspiré contre la sécurité nationale de la République Islamique" en militant au sein de la Fondation des Défenseurs des Droits de l'Homme et en donnant des interviews aux médias étrangers. Elle se trouve actuellement enfermée à l'isolement total à la prison d'Evine.
Cette militante et physicienne de 40 ans a commencé sa vie militante lorsqu'elle était étudiante à l'Université en menant des actions en faveur de la démocratie et des droits des femmes. Plus tard elle a soutenu les familles des prisonniers politiques dans leurs revendications et contre l'arbitraire régnant dans les tribunaux et les prisons. Son expérience, son courage et son franc parler l'ont conduite à collaborer étroitement avec Shirine Ebadi, prix Nobel de la Paix, et fondatrice de la Fondation des Défenseurs des Droits de l'Homme dont Narguesse Mohammadi était la vice présidente.
Ces derniers mois, elle était l'objet d'intimidations
et de pressions de la part des services de renseignement qui cherchaient à l'acculer à l'exile.
Elle s'y est refusée. Elle voulait rester en Iran près de celles et ceux qui souffrent, mais qui bougent. Elle disait que, comme un poisson hors de l'eau, elle ne pouvait respirer hors de l'Iran.
Maintenant elle est enfermée, loin de ses jumeaux de 5 ans, loin de son mari qui a passé 14 ans de sa vie dans les prisons iraniennes avant de s'exiler, depuis peu, en France.
Là où elle est, nous craignons fort pour sa santé si fragilisée au cours de sa précédente période de détention, tant les risques d'une nouvelle rechute sont réels. Nous nous inquiétons des comportements inhumains, devenus si tristement ordinaires, des geôliers en Iran.
Sa place est aux côtés de ses enfants, et des familles de prisonniers politiques qu'elle réconfortait et aidait à trouver des avocats bénévoles. Sa place est aussi à son poste de chercheuse dont elle a été licenciée sous pression du gouvernement.
Nous demandons avec la plus grande énergie sa libération immédiate et sa réhabilitation professionnelle.