Chaque année à Pentecôte, il est une tradition pour les jeunes de chez nous : le pèlerinage à St Guiral. Mais cette année quelle surprise quand nous avons découvert qu’il était interdit de camper et de faire du feu, alors que ces deux pratiques ne nous ont jamais été interdites et qu’il n’y a jamais eu d’accidents qui puissent justifier cette interdiction.
Ce pèlerinage est une tradition qui se transmet de génération en génération depuis on ne peut imaginer combien de temps. Pour appuyer nos dires, nous avons trouvé un acte à la mairie de St Jean du Bruel datant de 1827 qui relate un « pèlerinage alcoolisé » à St Guiral.
Et que dire de la déception de nos parents, grands parents, et parfois arrières grands parents quand ils ont appris que des gardes du parc National des Cévennes de notre « pays » sont allés chercher les gendarmes pour nous interdire cette tradition !
Si un incident avait été à déplorer, encore, nous aurions pu comprendre. Mais cela n’est jamais arrivé. Nous avons toujours pris des précautions, notamment avec le feu. Nous avons toujours laissé les lieux propres, allant parfois jusqu’à ramasser les déchets des autres. Et nous n’avons jamais dérangé personne. Au contraire, souvent des familles ou des randonneurs qui montent le dimanche ou le lundi viennent discuter avec nous et profitent de notre feu pour faire cuire leurs grillades.
Cette année, à notre arrivé à St Guiral, nous avons été accueilli par les gardes. Nous avons alors pensé que comme chaque année ils venaient pour nous donner quelques recommandations…
Or, le comité d’accueil n’avait pour autre objectif que nous délocaliser.
Alors bien sur pour n’importe qui, qu’un campement soit installé dans le Parc des Cévennes ou 50 mètres plus loin, derrière des cailloux, en Aveyron, c’est la même chose. Mais pour nous, tout est différent.
Cependant, nous sommes des gens civilisés, nous comprenons qu’on doit protéger notre héritage, qu’il fasse parti du Parc National des Cévennes ou pas. Et par là nous tenons quand même à vous faire remarquer qu’en déplaçant notre feu dans l’Aveyron, les gardes nous ont fait prendre plus de risque.
Après avoir négocié avec eux, nous avons accepté de renoncer à planter nos tentes et nous avons « bivouaqué » grâce à des bâches que nous avions. Cependant, nous n’avons pas renoncé à notre feu, seul moyen de se chauffer, de se nourrir, et de s’éclairer. Et nous avons à nouveau eu la visite des gardes, accompagnés cette fois ci par des gendarmes (avec des bombes lacrymogènes). Là encore, nous avons coopéré et éteint notre feu, pour le rallumer dans l’Aveyron.
Nous avons fait preuve d’une coopération remarquable, et nous pensons qu’il est important de le relever. Nous sommes des jeunes adultes responsables. Nous ne nous droguons pas. Par contre il est vrai que nous consommons un peu d’alcool durant ce week end.
Beaucoup d’entre nous entretiennent les chemins qui amènent à St Guiral, nous faisons partie des rares personnes qui vont à St Guiral tout au long de l’année, hiver comme été.
Tout ce que nous demandons, c’est une dérogation pour les années à venir, pour que le pèlerinage à St Guiral reste le pèlerinage à St Guiral, et ne devienne pas le « pèlerinage sur le chemin de l’Aveyron qui mène à St Guiral et qui dérange tout le monde ».
Et puis nous aimerions comprendre…
Comprendre pourquoi il est interdit de camper sur le parc des Cévennes ? Pourquoi faire du feu dans l’Aveyron est autorisé et dans le Gard interdit ? Pourquoi venir embêter des jeunes qui perpétuent une tradition culturelle quand on laisse faire ceux qui dérangent tout le monde avec leur rave party ?
Enfin, nous aimerions que les « dirigeants » comprennent que plus qu’un bien être personnel, c’est une tradition culturelle que nous voulons sauver.