Les archives des ambassades, des consulats et des protectorats de la France à l’étranger sont conservées à Nantes dans un bâtiment moderne et fonctionnel construit à grand frais en 1996. Chaque année, plus de 500 chercheurs venus du monde entier saluent des conditions de travail remarquables. Des centaines d’étudiants ont écrit des mémoires et des thèses qui ont contribué au dynamisme et la qualité de la recherche historique française. Sous prétexte d’économies budgétaires, le ministère des Affaires étrangères souhaite transférer ces fonds dans le nouveau centre d’archives de La Courneuve, en région parisienne, en laissant seulement à Nantes des archives techniques sans valeur historique. Des solutions d’extension existent pourtant sur le site actuel pour un coût trois fois moins élevé. La recherche d’économies est certainement une nécessité pour l’Etat, mais elle doit être pensée à long terme, sans se contenter d’aligner quelques économies ponctuelles, sans envisager les conséquences financières futures et les investissements passés. Les réserves actuellement inemployées à La Courneuve ont été justement aménagées dans le but d’accueillir pendant les décennies qui viennent les archives produites par une action diplomatique qui continue chaque année. Remplir le bâtiment aujourd’hui avec les archives venues de Nantes conduira inévitablement à devoir financer leur extension beaucoup plus tôt que prévu. Et il n’est jamais prudent de concentrer sur le même site toutes les archives relatives à une activité !
Par ailleurs, la recherche en SHS dans l’Ouest serait gravement affectée par le projet. L’Université de Nantes et les autres universités de nos régions ont recruté des professeurs et créé des centres de recherches et des masters spécialisés. Toute une politique soutenue par les collectivités locales serait ainsi remise en cause. L’attractivité internationale de notre région dans nos disciplines, renforcée par la création récente de l’Institut d’études avancées de Nantes, serait affectée par ce projet. L’histoire des relations internationales et des mondes étrangers, privée de ses jeunes chercheurs de l’Ouest, s’appauvrirait en se repliant uniquement à Paris. A l’heure où l’Etat veut développer des pôles universitaires régionaux reconnus au niveau mondial dans le cadre de la priorité nationale accordée à la recherche, la concentration des Archives dans la capitale est un non sens.
Nous demandons à Madame Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères et européennes, de prendre position clairement contre ce projet préparé par la Direction des Archives et de nous rassurer ainsi sur le maintien à Nantes de l’ensemble des fonds historiques conservés actuellement au Centre des Archives diplomatiques.