Pour une université républicaine
Réclamons plus de transparence
Jusqu’à quand persisteront encore les vieux réflexes de l’Ancien Régime dans notre université française ?
Au nom de quoi le recrutement des maîtres de Conférences reste toujours de fait chasse gardée de chapelles diverses et de réseaux de connivence illégitimes qui ne peuvent qu’engendrer conformismes et formatages de la recherche et de l’enseignement supérieur en France dès lors menacés de sclérose ?
Au nom de quel « fait de mandarinats » très peu de professeurs du secondaire titulaires d’un doctorat et qualifiés maîtres de Conférences intègrent l’université ?
Il est grand temps de rompre avec ces pratiques d’un autre âge au moment où la transparence et l’exemplarité reviennent au goût du jour dans notre pays. En quoi serait-il légitime de créer des postes d'allocataires-moniteurs destinés à des Normaliens ? Il est grand temps d’ouvrir plus larges enfin les portes de l’université à plus que des post-adolescents issus des voies royales de la République et de recruter beaucoup plus de professeurs qualifiés du secondaire, qui ont déjà fait leurs preuves, enseigné dans des classes difficiles, toujours actifs dans leurs domaines de recherche où ils produisent souvent, eux aussi, des études, articles et colloques reconnus de qualité et utiles au progrès de la recherche scientifique française. Pourquoi l'université française ne recrute-t-elle pas les enseignants du secondaire en nombre suffisant, ayant une expérience de l'enseignement du secondaire et pas seulement de l'université ?
Il faut donc que cela change au plus vite pour plus de justice, de diversité, de souplesse et d’évolution de l’université française !
Pourquoi ne pas exiger au moins cinq ans d’enseignement non universitaire à tout professeur candidat au recrutement à un poste de maître de Conférences ? Et même pourquoi ne pas élargir davantage le recrutement à des docteurs qualifiés non professeurs ?
Notre institution a besoin de respirer et nos mœurs intellectuelles de changer d’air. En s’ouvrant à une plus grande diversité des parcours professionnels, l’université française s’enrichirait de sangs nouveaux et la recherche s’épanouirait davantage dans un lien plus fort avec la pédagogie.
Travaillons sans tarder à plus d’ouverture à des talents pluriels pour plus de respect du mérite républicain, pour plus de brassage sociologique, pour le progrès de notre institution universitaire et pour plus de respiration de la recherche française !
Bruno ANTONINI, professeur de philosophie au lycée Racine, Paris, Docteur en philosophie
Laurence HARANG, professeur de philosophie au lycée Bonaparte, Toulon, Docteur en philosophie
Cette pétition sera adressée au Ministre de l’Education Nationale.
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