L’association T.RA.C.E.S, gestionnaire pendant 3 ans de la Forge À Belleville se doit maintenant de quitter le lieu.
Au nom du libéralisme, largement affirmé sans complexe la mairie de Paris et la Direction des Affaires Culturelles écartent une fois de plus toute initiative populaire en opérant une main mise sur les différents lieux culturels de Paris. Les projets défendus par les associations de quartier sont évincés au profit d'entreprises culturelles bien en cours, au détriment de l'emploi de proximité.
Bien d'autres en ont ou en feront bientôt les frais, comme le Carrosse ou autres terrains d'aventures ou autres lieux spécifiques comme le Théâtre Paris-Villette, en attendant Friche et Nous la Paix, la Maison de la Plage ou encore la Miroiterie.
Le bien commun et public est donc confisqué au profit d'une classe qui a ses aises financières, la préférence est donnée à l'industrie culturelle et au marché intégré de l'art, au produit, à la succursale qui a fait ses preuves, à la discipline, à un art exogène...
Le peuple n'aura donc pas à se plaindre, la gestion sera saine puisqu’économiquement assurée, du moins rassurée! Les technocrates veilleront au grain avec leurs compétences certifiées, puisque celles de l’équipe en place sont jugées incertaines, autant que le contenu de leur projet est taxé de peu convaincant.
Arrogance et mépris face à l’initiative populaire pour démanteler des projets alternatifs qui risquent de laisser place à l’émergence d’une pensée créatrice. Cette politique signe la fin, la chute, du partage de pratiques artistiques fondées sur le partage d'un territoire, du partage de temps fondé sur le partage d'une époque.
Cela finira t-il par la distribution de chèques-cadeaux FNAC aux enfants, et le critère d'évaluation sera alors le montant du chèque, tout comme l'école est bien partie pour distribuer des bouts de savoirs tout en revendiquant l’exellence.
Pour que l’art ne soit pas réservé à une élite, pour que la culture soit source de progrès social
et non de bénéfices financiers,
pour que le travail de tous soit reconnu et que personne ne se retrouve au chômage,
pour que T.R.A.C.E.S puisse continuer à travailler au sein d’un quartier qui s’est approprié le projet, nous exigeons qu’une solution soit trouvée au plus vite sur le site de La Forge de Belleville.