Pour la paix au Niger
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Il faut également noter la question de luranium qui est exploité dans les régions touarègues et dont les retombées économiques ne profitent pratiquement pas aux populations locales. De plus, les conséquences écologiques de cette exploitation mettent en danger les populations et leur environnement.
Nous constatons que la crise actuelle menace gravement le processus démocratique engagé dans le pays car le gouvernement revient aux vieilles méthodes autoritaires pour museler la presse et empêcher une libre expression des citoyens.
En considérant cette situation et les risques quelle fait peser sur les populations du Nord du Niger nous faisons les observations suivantes :
(1) Violations des Droits de lHomme
(a) Assassinats en juillet 2007
Le 10 juin 2007 trois (3) hommes touaregs très âgés, Sidi Mohamed Imolan surnommé Kalakoua, Abtchaw Kounfi et Aoussouk Kounfi, dont deux handicapés visuel, dont un ayant une jambe seulement, ont été arrêtés près du puits de Tezirzayt par larmée nigérienne. Ces trois vieillards ont été tués en détention. Les cadavres ont été jetés non loin du puits de Tezirzayt, un des cadavres avait été morcelé.
Le 17 juin 2007, la mort desdits hommes a été confirmée successivement par le Chef dEtat du Niger, le Ministre de lIntérieur et le commandant de la zone militaire dAgadez.
La population nomade de la vallée de Tezirzayt, y compris les élèves et linstituteur de lécole locale, a été chassée par le militaire.
(b) Assassinats en août 2007
Le 26 août une patrouille de larmée nigérienne a arbitrairement tué un homme âgé en provenance dArlit avec sa petite caravane composée de onze (11) chameaux, quatre (4) ânes. Ceci a eu lieu à 1km 200m de la route nationale Gougaram-Iférouane.
(c) Arrestations
En fin août, le président Mamadou Tandja a déclaré, pour le Département dAgadez, un état durgence de trois (3) mois. Depuis lapplication de la loi détat durgence, plus de 100 civils ont été temporairement arrêtés. Parmi ceux-ci, au moins dix (10) personnes se trouvent toujours en détention sans charge et dans des conditions inhumaines.
Larrestation et la détention de personnes civiles non impliquées dans un conflit armé et nayant commis aucun délit ou crime, constitue de fait, des cas de « détention arbitraire » et représentent ainsi une violation de larticle 9 de la Déclaration Universelle des Droits de lHomme.
(d) Mines
Selon la population locale, larmée nigérienne aurait posé des mines dans la région dIférouane avec comme conséquence immédiate la limitation des déplacements des populations et de leurs animaux. Ce qui constitue une menace réelle pour leur survie. Les livraisons de nourriture sont devenues quasi impossibles et les rares vivres sont proposés à des prix exorbitants sur les marchés. Cette situation pousse beaucoup de familles à fuir les régions du Nord en direction du sud.
Si la responsabilité de lEtat dans cette pose de mines se vérifiait, le gouvernement nigérien se rendrait coupable de transgresser la Convention dOttawa, qui en tant que contrat de Droit International interdit la divulgation, le stockage et lutilisation de mines antipersonnelles. Le Niger a ratifié cet accord déjà en 1997, et deux ans plus tard, la Convention dOttawa est entrée en vigueur pour tous les états signataires.
(e) Assassinats en septembre 2007
Le 26 septembre 2007, une patrouille de larmée nigérienne a arrêté plusieurs véhicules qui se dirigeaient vers le nord, près de Innazawa et Tadara. Larmée a forcé les passagers à descendre et a ensuite séparé les personnes de peau foncée de celles à peau claire, qui étaient probablement supposées touaregs. Ensuite, les douze (12) personnes de peau claire étaient fusillées par les soldats de larmée nigérienne
Le 27 septembre 2007, les mêmes soldats ont appréhendé, plus loin en direction du sud près de la route entre Assamakka et Arlit, 22 touaregs hommes, femmes et enfants dans leurs tentes, et les ont fusillé sans aucune raison.
Toutes les personnes exécutées nont été impliquées dans aucune action de combat. Il nexiste aucune charge contre elles. Elles ont donc été exécutées en dehors de toute procédure judiciaire ce qui représente une lourde violation des Droits de lHomme.
Les méthodes de la FAN (Force Armée du Niger) et du gouvernement du Niger représentent une violation de la Déclaration Universelle des Droits de lHomme et de la Convention de Genève et ne peuvent être acceptés.
(2) Conséquences écologiques de lexploitation uranifère
Depuis plus de 30 ans, lextraction duranium à ciel ouvert est pratiquée dans la région dArlit (au nord du Niger) par la société AREVA et ses filiales nigériennes. En résultent de grandes quantités de résidus rocheux, qui devraient être stockées et isolées hermétiquement de lenvironnement pendant des milliers dannées. Dans la région dextraction dArlit, les déchets radioactifs gisent pourtant sans protection à ciel ouvert et se trouvent emportés par le vent dans les alentours. Ils atteignent la nappe phréatique et la chaîne alimentaire, représentant ainsi un danger considérable pour la nature, les animaux et les êtres humains. Ces faits ont été confirmés par une étude de CRIIRAD au printemps 2007.
Pour accélérer lexploitation et lexportation de luranium (doublement du volume), le gouvernement nigérien a accordé, au cours des mois passés à des sociétés nord-américaines, chinoises et françaises des permis dexploration. Les conséquences pour lenvironnement ainsi que pour les personnes et les animaux vivant dans la région (Environmental Impact Studies) nont pas été évaluées. Depuis le début de lannée 2007, plus de 122 permis dexploration minière ont été attribués à diverses compagnies étrangères dans cette région traditionnellement tournée vers lélevage et lagro-pastoralisme. Ces activités sont à la base de léconomie des communautés de la région. Plus inquiétantes sont les conditions dattribution de ces permis. La presse nigérienne a déjà fait état du manque de transparence dans leur attribution et évoque lémergence dun marché opaque dattribution.
Il est inacceptable que lexploitation de luranium soit pratiquée dans des conditions qui contreviennent au droit à la protection de lenvironnement et que la sécurité énergétique des pays riches passe par la destruction de lécosystème des populations locales au Niger !
(3) Violations de la Liberté de Presse et dOpinion
La liberté dexpression a été brutalement enfreinte depuis le début des affrontements entre le MNJ et le gouvernement du Niger :
le journal local indépendant « Aïr Info » dAgadez, qui avait informé sur le conflit, a été suspendu pendant trois (3) mois (juin août 2007) ;
trois (3) autres journaux de Niamey, qui avaient parlé des agitations, ont été mis en garde ;
les émissions de la station de radio RFI (Radio France Internationale) ont été bannies pour un mois (juillet août) du territoire nigérien, après avoir protesté contre linterdiction denvoyer un reporter dans la zone de conflit au nord du Niger et tout de même rendu compte des évènements. Le reporter et correspondant de RFI à Niamey, Moussa Kaka, a été menacé de mort par un militaire nigérien de haut rang ;
le 20 septembre 2007, le reporter Moussa Kaka, correspondant de RFI, a été arrêté ;
le 9 octobre 2007, Ibrahim Manzo Diallo, rédacteur en chef du journal local « Aïr Info », a été arrêté.
Les deux journalistes ont à plusieurs reprises informé sur le conflit et se trouvent toujours en détention. Les motifs de leur arrestation et détention ont été internationalement dénoncés (Reporters Sans Frontières et Comités internationaux de la défense des droits des journalistes).
Ces atteintes à la liberté de presse et dopinion sont contraires à la Déclaration Universelle des Droits de lHomme et sont inacceptables !
Tenant compte des ces faits, nous demandons :
La résolution du conflit par la voie du dialogue et la cessation immédiate des actions militaires ;
La mise en lumière des faits qui ont mené au meurtre des trois vieillards touaregs, commis par la FAN à Tezirzayt le 10 juin 2007 ;
La vérité sur le meurtre dun touareg âgé et de ses animaux venant du marché, fusillés le 26 août 2007 près dArlit par la FAN ;
Une enquête sur les événements du 26 et 27 septembre dans la région frontalière entre Iferouane, Gougaram et Assamakka, qui ont mené à lexécution de 34 civils touaregs par la FAN ;
La remise des coupables devant un tribunal indépendant ;
Le respect de la Convention dOttawa de 1999 ;
la protection de la population civile et la fin des arrestations arbitraires ainsi que de condamnations et/ou exécutions extrajudiciaires conformément aux conventions de lONU ;
Le respect de la Déclaration Universelle des Droits de lHomme ;
Le respect de la Convention de Genève ;
Des études indépendantes sur les conséquences de lexploitation uranifère sur lenvironnement (flore, faune, eau, air respirable), sur lensemble de la chaîne alimentaire, ainsi que sur les habitants de la région et leur santé ;
La cessation dattribution de nouveaux permis dexploitation sans que des études dimpact environnementales complètes et indépendantes aient eu lieu aussi bien pour des gisements uranifères que les autres (or, pétrole, etc.) ;
La libération des journalistes incarcérés et le rétablissement de la liberté de presse.
Sources :
- Agence de presse Reuters: http://www.reuters.com/, http://africa.reuters.com/NE/
- Agence de presse France-Presse: http://www.afp.com/francais/home/
- Site Internet du MNJ: http://m-n-j.blogspot.com/
- Rapports de témoins visuels
Les organisations suivantes soutiennent la pétition (situation le 26 novembre 2007) :
- Association Alhak n Akal, Arlit, Niger
- Association pour la Promotion Culturelle Tufat, Agadez, Niger
- Collectif de Femmes du Printemps Noir de Kabylie, Algérie
- ADHUC Droits de l'Homme et Univers Carcéral, Brazzaville, République du Congo
- ERND Institute (Environnement, Ressources Naturelles et Développement), Kinshasa, République Démocratique du Congo
- Association des Femmes Peules Autochtones, NDjamena, Tchad
- Association Horé poulakou, Cameroun
- Menschenrechte 3000 e.V (Droits de lHomme 3000), Fribourg, Allemagne
- Netzwerk Afrika-Deutschland e.V., Bonn / Berlin, Allemagne
- Gesellschaft für bedrohte Völker Deutschland (GfbV), Allemagne
- INFOE Institut für Ökologie und Aktions-Ethnologie e.V., Cologne, Allemagne
- Redaktion AFRICAlive, Berlin, Allemagne
- BBU Bundesverband Bürgerinitiativen Umweltschutz (Federal Association of Environmental Actions Groups), Bonn, Allemagne
- AKU Arbeitskreis Umwelt, Gronau, Allemagne
- Domega, Dortmunder Menschen gegen Atomanlagen, Dortmund, Allemagne
- Redaktion aaa, anti atom aktuell, Gorleben, Allemagne
- Gesellschaft für bedrohte Völker Schweiz (GfbV), Suisse
- SES Schweizerische Energiestiftung, Zurich, Suisse
- EvB, Erklärung von Bern, Berne Declaration, Zurich, Suisse
- TRAS-ATPN, Trinationaler Atomschutzverband, Association Trinationale de Protection Nucléaire, Allemagne, France, Suisse
- Nordwestschweizer Aktionskomitee gegen Atomkraftwerke (NWA), Bâle, Suisse
- Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), France
- Collectif Vendéen contre l'Enfouissement des Déchets Nucléaires (COVEDEN), France
- Temoust Association Survie-Touarègue, Lyon, France
- ICRA International (Commission Internationale pour les Droits des Peuples Indigènes), Fontenay-sous-Bois, France
- Entraide Occitano Touarègue, France
- Association ALTERN'INFO, Chazay d'Azergues, France
- MIR Mouvement International de la Réconciliation, Paris, France
- Association Tilalt-Niger, France
- Association Targuinica, Houlbec Cocherel, France
- Artisans du Monde, Angers, France
- AKIN Arbeitskreis Indianer Nordamerikas, Vienne, Autriche
- Women for Peace, Finland
- Women against Nuclear Power, Finland
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